A l’instar du football suisse, ce blog reprenait du service aujourd’hui, tandis que la pandémie continuait à paralyser le sport dans beaucoup d’autres régions du globe.
Avec cette affiche, le football helvétique s’offrait un retour explosif. Bâle et Lausanne nous avaient en effet quitté sur des prestations de haute volée. Impressionnants lors du 8ème de finale de l’Europa League, les Bâlois avaient battu l’Eintracht 3 à 0 à l’extérieur. Bien qu’évoluant en 2ème division, le Lausanne-Sport avait quant à lui creusé un écart de 15 points sur son premier poursuivant et avait surtout corrigé deux clubs de 1ère division, à la surprise générale, sur des scores ahurissants de 3 et 6 à 0.
En dépit de ces exploits lausannois et des incertitudes de forme liées à la pause forcée, le FC Bâle partait naturellement avec les faveurs de la cote.
Et c’est dans un stade vide de spectateurs, raisons sanitaires obligent, que les Bâlois balayèrent tranquillement les craintes liées à leur absence de matches amicaux avant la reprise.
C’est sur un rythme de sénateur, volontairement ou non, qu’ils prirent les choses en main dans cette partie et privèrent de ballons leur adversaire. Agacés dans un premier temps, les Lausannois tentèrent d’exercer un pressing très haut dans le terrain. Mais face à la prise de risque minimale des Bâlois, ils se résolurent finalement à les attendre un peu plus bas, probablement pour ne pas trop s’épuiser bêtement à courir après ce redoublement de passes latérales.
Et c’est cette configuration de match qui déboucha sur un début de partie insipide, mais assez logique au vu des inconnues dans lesquelles étaient plongées les deux équipes.

La possession de balle du FCB fut d’autant plus grande, en raison de la volonté affichée par les Lausannois d’exercer un jeu direct après la récupération du ballon.
Et c’est finalement sans grande surprise que les Bâlois profitèrent de cette domination stérile grâce à des exploits individuels et des erreurs de l’adversaire. Une constante tout au long de cette partie. A la 18ème, collé de près et dos au but, Cabral parvenait à se dégager brillamment du marquage, avant de déclencher une bonne frappe en pivot non loin du cadre. Widmer déviait le corner qui suivait de peu au-dessus de la transversale.
A la suite d’un centre repoussé dans ses pieds de façon catastrophique par un adversaire, Petretta héritait un peu chanceusement de la troisième véritable occasion du match. Des actions uniquement à la faveur du FC Bâle.
Extrêmement attendu, le trio offensif lausannois était resté muet jusque là. Muet, mais néanmoins capable d’exprimer des qualités qu’on lui connaissait moins. Les ailiers ne cessèrent de se replier défensivement comme des latéraux, n’hésitant pas à tacler lorsqu’il le fallait, à l’image de Zeqiri. Turkes fournit également de gros efforts en pointe de l’attaque pour gêner la relance adverse et n’hésita pas à se sacrifier dans les duels pour jouer un rôle de pivot pour ses coéquipiers. Meilleur buteur de 2ème division, Turkes manqua néanmoins de tranchant pour couper les centres bien amenés devant le but par ses ailiers. Des occasions peut-être moins anodines qu’elles n’en avaient l’air. Mais malgré ces possibilités manquées et malgré le fait que son équipe soit privée de ballons, il rappela que ses qualités de finisseur pouvaient permettre au LS de faire la différence à tout moment. C’est en effet au terme d’une action collective remarquable qu’il crut inscrire le premier but de cette partie, toutefois logiquement annulé pour une légère position de hors-jeu.
Comme attendu, les précédentes dominations du LS sur des clubs de 1ère division ne se confirmèrent pas aujourd’hui. Et c’est même Bâle qui se créa une dernière opportunité au terme d’une première mi-temps pauvre en jeu, mais pas forcément en occasions de but.
Déjà un peu plus intéressant en fin de première mi-temps, le jeu continua à se débrider. Peut-être grâce à une confiance retrouvée, et peut-être aussi en raison de la nécessité de marquer dans un match à élimination directe.
Le FC Bâle tentait cette fois le nécessaire pour passer l’épaule. Et Riveros nous gratifiait d’un exploit personnel remarquable en se défaisant de deux joueurs sur son couloir, avant d’en déborder un troisième et de délivrer une passe qui permit à Pululu d’ajuster le cadre.
Des exploits personnels, Cabral en produira à la chaîne. Déjà tonitruant en 1ère mi-temps et même plus largement depuis son arrivée en Suisse, l’attaquant brésilien ouvrait le feu à la 53ème minute. C’est sur une balle en cloche plus ou moins anodine qu’il déclencha un retourné très proche d’une parfaite bicyclette sur le point de penalty. Le football suisse, et surtout le FCB, fêtaient leur retour post-Covid19 par un but absolument spectaculaire (0-1).

Forcé de réagir, Lausanne se montrait enfin capable de se créer des opportunités, tout en offrant plus d’espaces à son adversaire. Le match allait connaître alors son paroxysme. Et c’est ce poison de Cabral qui parvint le premier à tirer profit de la situation. Dans une action assez confuse, il devança Loosli dans son duel aérien et sembla le contraindre à un auto-but en propulsant sur lui sa reprise de la tête (0-2). Puissant, habile balle au pied, combatif, intelligent dans ses déplacements et efficace devant les buts, Cabral démontra que son timing dans le jeu aérien n’avait pas grand chose à envier à ses autres qualités.
Au regard du seul tir cadré effectué jusque là par les Lausannois, peu d’observateurs auraient pu miser sur un retour au score. Peut-être pas même leur entraîneur qui semblait déjà prêt à tenter un dernier coup de poker, puisque deux joueurs attendaient de pouvoir effectuer leur entrée. Des entrées en jeu qui n’auront finalement pas eu lieu… Car le trio magique du Lausanne-Sport eut l’opportunité de faire des étincelles au même instant. Une preuve supplémentaire que le football peut parfois se jouer sur d’infimes détails… Et c’est Zeqiri, lâché au marquage de façon assez inadmissible sur un corner, qui fut le premier à faire parler la poudre (1-2).
L’entraîneur abandonna ses changements. Il restait alors 20 minutes à son équipe pour revenir dans le match et le FC Bâle allait boire la tasse durant 10 minutes folles.
Une poignée de secondes après cette réduction du score, Ndoye, future recrue de l’OGC Nice, parvenait à prendre de vitesse son latéral malgré quelques longueurs de retard, avant de faire preuve d’une belle lucidité en servant une balle parfaite pour l’égalisation de la tête signée Geissmann (2-2).
Venant de réussir l’impossible ou presque en deux minutes, les Lausannois auraient même pu retourner complètement la situation dans les instants suivants. Turkes d’une tête un peu trop croisée (77ème), Zeqiri sur la latte, Ndoye dans l’enchaînement (78ème), puis Ndoye une fois encore (79ème) passèrent extrêmement proches de permettre à leur équipe de prendre l’avantage juste avant la fin de la rencontre.
Impressionnant par ses réflexes et décisif une fois encore, le gardien Omlin en avait décidé autrement. Tandis que Lausanne semblait désormais favori en raison de sa bonne dynamique et d’une performance collective très percutante, le FC Bâle pouvait toujours compter sur ses qualités individuelles.
Car Cabral, décidément intenable aujourd’hui, aurait pu donner la victoire à son équipe en toute fin de temps réglementaire (91 ème), puis en début de prolongation en éliminant plusieurs joueurs d’un contrôle orienté de la poitrine, suivi d’une petite balle piquée pour lui même dans son dos (95ème).
Bien qu’Oliveira fit une entrée très remarquée du côté lausannois durant les prolongations et que le collectif resta bien huilé, Omlin continua d’enchaîner les exploits (par une parade exceptionnelle du bout des doigts sur une déviation de Schneuwly, puis un peu plus tard sur une excellente sortie face à Kura).
Et c’est finalement Widmer qui, d’une tête plongeante, propulsa le FCB en demi-finale (2-3). Et ce grâce à un nouvel assist délicieux, il faut bien le dire, d’un certain Campo….. un ancien Lausannois formé au FC Bâle. Malgré d’ultimes efforts mis dans la bataille, le LS ne reviendra pas.
En dépit de l’élimination, les Vaudois auront eu l’occasion de se prouver une fois encore qu’ils avaient des arguments à faire valoir à l’échelon supérieur.
De leur côté, les Bâlois auront réussi à assurer l’essentiel en sortant vainqueur de ce match piège. Ils pourront en outre, semble-t-il, compter sur des individualités bien au point, même si cela ne devra pas masquer que du travail reste à faire au niveau de l’expression collective.
FC Lausanne-Sport – FC Bâle : 2-3 a.p. (0-0)
53′ Cabral (0-1)
67′ Cabral (0-2)
72′ Zeqiri (1-2)
73′ Geissmann (2-2)
105′ Widmer (2-3)