Après un début de saison régulière au-delà de toute attente, le HC Davos affichait des ambitions légitimes pour son traditionnel tournoi de fin d’année.
Malheureusement, la douche fut froide pour ne pas dire glaciale. Le club organisateur de la Coupe Spengler encaissa en effet deux lourdes défaites d’entrée de tournoi. Pour tout dire, le public local n’eut même jamais l’occasion de s’enthousiasmer pour son équipe.
Au rang des excuses valables, mais fort regrettables, l’entraîneur du HC Davos avait décidé de préserver un nombre considérable de ses meilleurs éléments.
Afin que la fête ne soit pas totalement gâchée, une réaction était impérativement attendue aujourd’hui face au TPS Turku. Cette réaction était d’autant plus attendue que le TPS Turku avait été battu la veille 3-0 par Ambri-Piotta et figurait actuellement comme la lanterne rouge du championnat finlandais.
Une défaite aujourd’hui pouvait être synonyme d’élimination et de véritable camouflet pour les Davosiens, tandis qu’une victoire pouvait leur permettre de se racheter lors d’une demi-finale face au Team Canada.
Le début de match du HCD fut finalement aussi rassurant qu’agaçant. Il montra en effet à quel point Davos pouvait faire mieux, mais aussi à quel point son entraîneur avait soldé les 2 premiers matches disputés.
Même sportivement, face à l’urgence le pari pouvait s’avérer risqué. En effet, malgré un tir de Kienzle à la suite d’un excellent travail préparatoire de Wellman, d’une action de Tedenby seul face au gardien dans un espace restreint ou encore de plusieurs tirs de l’infatigable Ambuhl, Davos ne parvenait pas à prendre l’avantage. Et une bonne occasion d’un Finlandais venait rappeler que dominer n’est pas gagner. Heureusement toutefois, l’excellent Frehner parvenait à contourner un défenseur avant de contourner le gardien adverse pour donner un avantage mérité à son équipe, après 9 minutes de jeu (0-1).

Par une créativité et une intensité retrouvées, Davos semblait commencer son tournoi aujourd’hui. Malgré une emprise sur le jeu supérieure à celle d’Ambri face à ce même adversaire, Davos pêcha néanmoins peut-être par une moins bonne rigueur défensive que celle des Tessinois. En dépit de la domination suisse, le TPS Turku parvenait en effet à égaliser sur un exploit personnel du jeune Pajuniemi. Déjà drafté par un club de NHL, le jeune Finlandais s’amusait de Kienzle avant d’entrer dans la zone du gardien et de profiter du manque d’agressivité des Davosiens pour loger le palet au-dessus de la jambière d’Aeschlimann (1-1). L’image de l’acharnement musclé de Korpikoski à la bande contre le jeune Frehner venait rappeler encore une fois que la Coupe Spengler n’a d’un tournoi amical que le nom. Malgré une ultime contre-attaque de l’inévitable Frehner à 4 contre 5, Davos quittait le premier tiers sur un score peu flatteur de 1-1.
Et au retour des vestiaires, le momentum avait changé de camp. Non seulement les Finlandais parvenaient à effacer 4 minutes d’infériorité numérique, mais se créaient même par le biais de Parssinen la plus grosse occasion dans cette situation. Les Finlandais commençaient à présenter un jeu plus conforme à ce qu’ils avaient montré la veille face à Ambri. Et même si la domination ne fut pas aussi criarde que celle de Davos au premier tiers, le TPS Turku prenait quoiqu’il en soit l’ascendant sur cette partie. Une tendance confirmée par une occasion en or pour Korpikoski, manquant sa déviation en power play seul dans le slot. Les Finlandais continuèrent à être les plus proches de prendre l’avantage dans ce deuxième tiers, à l’image d’un excellent tir de Sund de peu au-dessus de la lucarne ou encore d’un énorme cafouillage devant les buts d’Aeschlimann. A l’exception d’une passe de Baumgartner que Palushaj vit filer entre ses patins dans une position idéale, les Davosiens peinèrent à véritablement amener du danger devant la cage adverse. La réaction attendue avec un contingent au complet n’était pas à la hauteur et les Davosiens pouvaient s’estimer heureux que le score en reste à 1-1 après 2 tiers.
A l’entame du troisième tiers, la pression était grande sur les Davosiens et ils ne parvinrent pas à imposer leur rythme comme ce fut le cas en début de partie. Les Finlandais maintenaient leur emprise sur le match et manquaient de réussite par le biais de leur capitaine tentant une reprise de volée du bâton sur le poteau d’Aeschlimann. Malgré cet énième sursis, Davos peinait à sortir la tête de l’eau au niveau du jeu. Seul un exploit personnel aurait pu lui permettre de prendre les devants. Harri Pesonen, le champion du monde prêté par Langnau, manquait la plus grosse occasion de cette partie. Après avoir brillamment éliminé le gardien, le Davosien pour le temps d’un tournoi glissait le puck sur le poteau extérieur alors qu’il semblait avoir fait le plus dur. Probablement le tournant du match, au même titre peut-être que la grossière erreur de Kienzle quelques minutes plus tard qui permettait à Janatuinen de se lancer sur la cage davosienne. Il en profitait pour tromper la vigilance du gardien en optant au dernier moment pour un tir à la place d’une passe (2-1). Par un mauvais contrôle, Kienzle s’était malheureusement encore une fois illustré par une erreur fatale dans cette partie et il restait dès lors 11 minutes à son équipe pour ne pas sortir par la plus petite des portes.
Mais les plus grosses occasions restaient finlandaises et c’est finalement en toute logique que Janatuinen, encore lui, inscrivit le 3-1 quasi décisif à 4 minutes du terme. Le jeune Finlandais effaça Nygren d’une feinte spectaculaire, avant de battre le portier grison. Sans surprise, Davos ne reviendra pas dans la partie et quittera un tournoi auquel il n’avait plus été éliminé aussi précipitamment depuis 2010.

La contre-performance est d’autant plus difficile à digérer, car les ambitions étaient grandes. Mais c’est surtout la gestion de l’effectif qui, à juste titre, fera beaucoup de remous. Il est en effet difficilement compréhensible que le club organisateur d’un tournoi aussi médiatique et populaire brade ses matches comme il l’a fait. De nombreux spectateurs ayant acquis leur billet au prix fort se sont sentis floués et le HCD aura surtout proposé une désinvolture gênante vis-à-vis d’un tournoi qui lui permet d’exister financièrement. L’option prise est d’autant moins compréhensible que même en cas de victoire aujourd’hui, il aurait été extrêmement difficile de vaincre l’Armada du Team Canada lors des demi-finales. Le fiasco d’entrée de tournoi n’aurait donc pas été oublié pour autant. Au final, ce couac peut être relativisé en raison de l’excellent début de championnat. Mais en proie actuellement à des conflits avec les supporters par voie de presse, l’entraîneur Christian Wohlwend est passé à côté de l’occasion de confirmer une belle cote de popularité naissante. Et c’est surtout son club qui se devra dans un futur proche de remettre en question son attitude vis-à-vis de ce tournoi.
TPS Turku – HC Davos : 3-1 (1-1, 0-0, 2-0)
8′ Frehner (Nygren, Meyer) 0-1
15′ Pajuniemi (Parsinnen) 1-1
48′ Janatuinen (Wirtanen) 2-1
55′ Janatuinen (Karvonen) 3-1